Commentaires de l’Evangile du dimanche

samedi 10 octobre 2009 par Jacques

Vous trouverez ici, chaque semaine, l’évangile du dimanche avec un commentaire rédigé en général par un membre de l’équipe pastorale.
Mise en ligne dès le samedi.

dimanche 27 juin 2010. Treizième dimanche du temps ordinaire

- Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,51-62.

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

-  Commentaire

Nous venons de vivre une année particulière - l’année Sacerdotale - qui s’est terminée par la grande fête diocésaine des ordinations à Notre Dame.
Merci Seigneur pour cette belle célébration, pour l’engagement des prêtres et leur disponibilité.
Merci pour tous tes dons faits à l’Eglise en ces jours, qu’ils continuent de s’épanouir par la grâce de l’Esprit Saint et qu’ils fortifient notre foi.

Dimanche dernier, Jésus nous posait la question : pour vous qui suis-je ? Aujourd’hui, il faut choisir et accepter de suivre le chemin derrière Jésus : « Il prit avec courage la route de Jérusalem… »(Lc10, 51), c’est-à-dire de la croix et de la résurrection.
Ce n’est donc pas un chemin de tout repos, les embûches, les hésitations, les retours en arrière ne manquent pas. C’est même à un combat quotidien que le Seigneur nous invite.
Mais c’est un chemin de Vie et pour la Vie, que Jésus nous propose. Nous sommes libres de prendre cette décision, mais nous sommes invités à aller jusqu’au bout.
Etre disciple du Christ, c’est changer de vie et désirer la Vie.

Marie-Andrée

dimanche 20 juin 2010. Douzième dimanche du temps ordinaire

- Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-24.

Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

-  Commentaire

Pour la foule, pour les sans-domicile fixe, pour l’homme de la rue, pour les non-croyants, pour les athées, pour ceux qui sont d’autres religions, pour le commun des mortels, pour les autres qui suis-je ?
Plusieurs interrogés, multiples réponses. Des demi-réponses, des demi-vérités : Jean Baptiste, Elie, un prophète d’autrefois...
Mais pour vous, pour toi, qui suis-je ?
Pierre répond : Tu es le Messie de Dieu.
A une question personnelle, réponse personnelle. L’acte de foi est un chemin qui commence par le ouïe-dire, ce que pensent les autres (infos, enseignement, lectures, rumeurs, ...) et conduit à une réponse de conviction.
Juste après, Jésus nous apprend ce que veut dire être Messie de Dieu. C’est souffrir pour ses frères et sœurs, mourir pour eux et ressusciter pour eux.
"Seigneur, apprend-moi à dire ma foi au quotidien. Que mes paroles et mes actes proclament que tu es le Messie de Dieu."

Père Arnaud

dimanche 13 juin 2010. Onzième dimanche du temps ordinaire

- Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.8,1-3.

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources.

-  Commentaire

« Ta foi t’a sauvée. Va en paix »

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. » (Mt 9,12) Montre donc au médecin ta blessure, de façon à pouvoir être guéri. Même si tu ne la montres pas, il la connaît, mais il exige de toi que tu lui fasses entendre ta voix. Nettoie tes plaies avec tes larmes. C’est ainsi que cette femme dont parle l’Évangile s’est débarrassée de son péché et de la mauvaise odeur de son égarement ; c’est ainsi qu’elle s’est purifiée de sa faute, en lavant les pieds de Jésus avec ses larmes.

Puisses-tu me réserver à moi aussi, Jésus, le soin de laver tes pieds, que tu as salis tandis que tu marchais en moi !... Mais où trouverai-je l’eau vive avec laquelle je pourrai laver tes pieds ? Si je n’ai pas d’eau, j’ai mes larmes. Fais qu’en lavant tes pieds avec elles, je puisse me purifier moi-même ! Comment faire en sorte que tu dises de moi : « Ses nombreux péchés lui sont remis, parce qu’il a beaucoup aimé » ? J’avoue que ma dette est considérable et qu’il m’a été « remis davantage », à moi qui ai été arraché au bruit des querelles de la place publique et aux responsabilités du gouvernement pour être appelé au sacerdoce. Je crains, par conséquent, d’être considéré comme un ingrat si j’aime moins, alors qu’il m’a été remis davantage.

Je ne peux pas comparer à n’importe qui cette femme qui, a juste titre, a été préférée au pharisien Simon qui recevait le Seigneur à déjeuner. Cependant, à tous ceux qui veulent mériter le pardon, elle dispense un enseignement en baisant les pieds du Christ, en les lavant avec ses larmes, en les essuyant avec ses cheveux, en les oignant avec du parfum... Si nous ne pouvons pas l’égaler, le Seigneur Jésus sait venir en aide aux faibles. Là où il n’y a personne qui sache préparer un repas, amener du parfum, apporter avec soi une fontaine d’eau vive (Jn 4,10), il vient lui-même.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église (cité par le site L’évangile au quotidien)

dimanche 6 juin. Fête Dieu ou solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

- Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,11-17.

La foule s’en aperçut et le suivit. Il leur fit bon accueil ; il leur parlait du règne de Dieu, et il guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert. » Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons... à moins d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. » Il y avait bien cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. » Ils obéirent et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils distribuent à tout le monde. Tous mangèrent à leur faim, et l’on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.

-  Commentaire

« Le pain des anges, le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu » (Séquence de la fête)

Dieu tout-puissant et éternel, voici que je m’approche du sacrement de ton Fils unique notre Seigneur Jésus Christ. Malade, je viens au médecin dont dépend ma vie ; souillé, à la source de la miséricorde ; aveugle, au foyer de la lumière éternelle ; pauvre et dépourvu de tout, au maître du ciel et de la terre.

J’implore donc ton immense, ton inépuisable générosité, afin que tu daignes guérir mes infirmités, laver mes souillures, illuminer mon aveuglement, combler mon indigence, couvrir ma nudité ; et qu’ainsi je puisse recevoir le pain des anges (Ps 77,25), le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs (1Tm 6,15), avec tout le respect et l’humilité, toute la contrition et la dévotion, toute la pureté et la foi, toute la fermeté de propos et la droiture d’intention que requiert le salut de mon âme.

Donne-moi, je t’en prie, de ne pas recevoir simplement le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, mais bien toute la force et l’efficacité du sacrement. Dieu plein de douceur, donne-moi de si bien recevoir le Corps de ton Fils unique, notre Seigneur Jésus Christ, ce corps matériel qu’il a reçu de la Vierge Marie, que je mérite d’être incorporé à son Corps mystique et compté parmi ses membres.

Père plein d’amour, accorde-moi que ce Fils bien-aimé que je m’apprête à recevoir maintenant sous le voile qui convient à mon état de voyageur, je puisse un jour le contempler à visage découvert et pour l’éternité, lui qui, étant Dieu, vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église (cité par le site L’Evangile au quotidien)

dimanche 30 mai. Sainte Trinité.

- Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,12-15.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

-  Commentaire

« Un seul Dieu, un seul Seigneur, dans la trinité des personnes et l’unité de leur nature » (Préface)

Je sais une source qui jaillit et s’écoule,
Mais c’est au profond de la nuit.

Cette source éternelle, elle reste cachée ;
Mais je n’ignore pas d’où elle prend naissance,
Et c’est au profond de la nuit...

Je sais, à vrai dire, qu’elle est sans origine,
Tout en elle pourtant plonge sa racine,
Mais c’est au profond de la nuit.

Jamais il ne sera de beauté qui l’égale,
Le ciel, l’univers vont s’y désaltérer,
Mais c’est au profond de la nuit.

Elle est, je le sais bien, tout à fait insondable,
Et, je le sais aussi, elle n’est pas guéable,
Pas même au profond de la nuit.

Jamais son bel éclat ne pourra s’obscurcir ;
Toute lumière aussi d’elle seule jaillit,
Mais c’est au profond de la nuit.

Je sais bien que ses flots sans cesse débordants
Arrosent l’abîme, la terre et tous les peuples,
Mais c’est au profond de la nuit.

Or il est un courant qui naît de cette source,
Aussi large et puissant que la source elle-même,
Mais c’est au profond de la nuit.

Des deux premiers courants, un troisième procède ;
Il n’est pas moins ancien que ceux qui l’ont produit,
Mais c’est au profond de la nuit.

Je sais que tous les trois sont une seule eau vive,
Et que l’un de l’autre vont dérivant sans cesse,
Mais c’est au profond de la nuit.

Cette source éternelle est toute rassemblée
En notre pain vivant pour nous donner la vie,
Mais c’est au profond de la vie...

Cette source d’eau vive, objet de mes désirs,
En ce vrai pain de vie je la vois, la contemple,
Mais c’est au profond de la nuit.

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l’Église. Poème « Chant de l’âme qui connaît Dieu par la foi » (cité par le site Evangile au quotidien)

dimanche 23 mai. Pentecôte

- Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23.

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

-  Commentaire

« L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ».
Quelle belle promesse de la part de Jésus ! L’Esprit du Père, l’Esprit de Jésus va nous enseigner de telle sorte que nous soyons rassurés, dans la paix et la confiance. Il y a quand même une condition : "si vous m’aimez". C’est l’amour de Jésus, le désir de le connaitre, de savoir quel est le mystère de sa vie qui déclenche d’une certaine manière la venue de l’Esprit Saint dans nos vie.
L’un des Pères de l’église a comparé le Saint Esprit au soleil qui réchauffe la terre et envoie ses rayons à celui qui s’expose en plein air. Nous avons tous besoin de soleil pour vivre : sans le soleil, nous sommes dans l’ombre et l’obscurite et nous manquons de quelques vitamines essentielles.
En ce temps de Fête de la Pentecôte, essayons de sortir un peu et osons nous exposer dans l’amour de Jésus. Les rayons de l’Esprit Saint ne brûlent pas, ne donnent pas des mauvaises choses, mais au contraire ils ne font que du bien, surtout à nos âmes.
Esprit Saint, adoucissante fraicheur, ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles. ( Séquence de Pentecôte)

Père Mariusz

dimanche 16 mai. Septième dimanche de Pâques

- Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,20-26.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »

-  Commentaire

« Que tous, ils soient un »

Il n’y a pas de véritable oecuménisme sans conversion intérieure. En effet, c’est du renouveau de l’âme (Ep 4,23), du renoncement à soi-même et d’une libre effusion de charité que partent et mûrissent les désirs de l’unité... Que les fidèles se souviennent tous qu’ils favoriseront l’union des chrétiens, bien plus, qu’ils la réaliseront, dans la mesure où ils s’appliqueront à vivre plus purement selon l’Evangile. Plus étroite, en effet, sera leur communion avec le Père, le Verbe et l’Esprit Saint, plus ils pourront rendre intime et facile la fraternité mutuelle.

Cette conversion du coeur et cette sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l’unité des chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout l’oecuménisme et appelées à bon droit « oecuménisme spirituel ».

C’est un usage reçu chez les catholiques de se réunir souvent pour renouveler la prière demandant l’unité de l’Église, celle que le Sauveur lui-même, la veille de sa mort, a élevée de façon suppliante vers son Père : « Qu’ils soient tous un. » En certaines circonstances particulières, par exemple lors de prières prévues « pour l’unité » et dans les réunions oecuméniques il est permis, bien plus, il est souhaitable que les catholiques s’associent pour prier avec les frères séparés. De telles supplications communes sont assurément un moyen efficace de demander la grâce de l’unité et elles constituent une expression authentique des liens par lesquels les catholiques sont encore unis avec les frères séparés : « Là en effet où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20).

Concile Vatican II Décret sur l’oecuménisme, 7-8 (cité par le site L’évangile au quotidien).

dimanche 9 mai. Sixième dimanche de Pâques

- Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,23-29.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

-  Commentaire

« Si quelqu’un m’aime ... nous viendrons chez lui ; nous irons demeurer auprès de lui »

Je jouissais un jour, dans le recueillement, de cette compagnie que j’ai toujours en mon âme ; il me semblait que Dieu s’y trouvait, de telle sorte que je songeais à cette parole de saint Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16), car Dieu était vraiment vivant en moi. Cette prise de conscience ne ressemblait pas aux autres ; elle élève la puissance de la foi ; on ne saurait douter que la Trinité est en notre âme par une présence spéciale, par sa puissance et par son essence. Sentir cela est extrêmement avantageux pour faire entendre une telle vérité. Comme j’étais tout étonnée de voir une si haute Majesté dans une créature aussi vile que mon âme, j’ai entendu cette parole : « Ton âme n’est pas vile, ma fille, car elle est faite à mon image » (Gn 1,27).

Un autre jour, je considérais en moi cette présence des trois Personnes divines. La lumière était tellement vive, qu’il n’y avait nul doute que ce ne fût là le Dieu vivant, le vrai Dieu... Je songeais combien la vie est amère, puisqu’elle nous empêche de nous tenir toujours dans une si admirable compagnie, et...le Seigneur m’a dit : « Ma fille, après cette vie, tu ne pourras plus me servir de la même manière que maintenant. Alors, que tu manges ou que tu dormes, quoi que tu fasses, fais-le par amour pour moi, comme si tu ne vivais plus toi-même, mais moi en toi ; c’est là ce qu’a proclamé saint Paul » (Ga 2,20).

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église (cité par le site L’évangile au quotidien).

dimanche 2 mai 2010. Cinquième dimanche de Pâques

- Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,31-33.34-35.

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti, Jésus déclara :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt. Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J’ai dit aux Juifs : Là où je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »

-  Commentaire

Je dis toujours que l’amour commence à la maison. Il y a d’abord la famille et ensuite votre ville. C’est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d’aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. Je me méfie des grands projets impersonnels car seule chaque personne compte. Pour parvenir à aimer quelqu’un, il faut se rendre proche d’elle. Tout le monde a besoin d’amour. Chacun de nous a besoin de savoir qu’il compte pour les autres et qu’il a une valeur inestimable aux yeux de Dieu.

Le Christ a dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Il a dit aussi : « Ce que vous faites au plus petit de mes frères humains, c’est à moi que vous le faites » (Mt 25,40). C’est lui que nous aimons dans chaque pauvre, et chaque être humain sur la terre est pauvre de quelque chose. Il a dit : « J’avais faim et vous m’avez rassasié. J’étais nu et vous m’avez vêtu » (Mt 25,35). Je rappelle toujours à mes soeurs et à nos frères que notre journée est faite de vingt-quatre heures avec Jésus.

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité (Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p. 83, cité par le site L’évangile au quotidien).

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